Rencontre autour d'une même passion Il est diffi ci le de saisir le parcours à l'allure de saga de
The Ramones, sans évoquer les circonstances particulières qui marquent la rencontre des futurs membres.
Le groupe n'aurait peut-être jamais vu le jour si
John Cummings ne s'était pas trouvé sur le chemin d'un
Douglas Colvin
assez malmené par ses déboires personnels, distillés à la prise
d'héroïne. Le premier a des rêves pleins les yeux et ne se rapproche de
son voisin de quartier que par une passion commune pour les
Stooges, groupe en vue de l'époque.
Sous ses allures à la
Jimi Hendrix ,
Jeffrey Hyman
cache une personnalité fragilisée par des drames familiaux. Ces
derniers le retranchent dans un monde où seule la musique peut vraiment
le distraire.
Le décor est ainsi planté et il ne manquait plus
que les instruments pour que le groupe se forme le 23 janvier 1974.
Pour faire les choses comme il faut, ce trio intègre naturellement à la
formation le propriétaire du local où il répète.
Tommy Erdelyi,
mélomane invétéré, rejoint ce petit monde qui, pour marquer sa
conviction à la même cause, décide de porter le même nom. Dans la
famille
The Ramones, il fallait désormais compter
Johnny Ramone,
Dee Dee Ramone à la basse,
Tommy Ramone à la batterie et
Joey Ramone au chant.
Des années à galérer aux premiers signes de reconnaissance Comme la plupart de leurs congénères,
The Ramones commencent leur parcours par la reprise des morceaux en vogue, mais se rendent vite compte que leur feeling est ailleurs.
Les
membres concoctent alors des titres bien à eux, qui se distinguent par
un rendu alliant maximum d'énergie et accords minimalistes. La recette
ne séduit pas a priori, ce qui n'empêche pas
The Ramones de livrer un premier opus baptisé simplement du nom de la formation.
En 1976, «
Ramones » met à portée des oreilles des titres comme «
Beat on the brat »,
dont l'accueil se révélera réellement mitigé. Sur place, les bonnes
critiques pleuvent, mais il en faut plus pour convaincre les ondes.
Que
les scènes britanniques applaudissent le collectif ne ménagent en rien
l'avis mitigé du public américain, imbu de contradictions. Précédé par
les avis très favorables des revues spécialisées, le groupe arrive à
s'attacher les faveurs du major Warner
Bros , sans que cela ne lui
apporte plus de chance commerciale.
Malgré le délire à peine contenu du public lors des lives,
The Ramones
peinent à se constituer de véritables fans et les disques ne s'écoulent
pas vraiment com me de s petits pains. Jusqu'à ce que les membres
ajoutent à leur recette un brin de fantaisie qui a nom,
Phil Spector.
Les tensions de l'ambiance studio sous la direction de ce faiseur de succès peu amène trouvent leur juste récompense. «
Baby I love you » est acclamé. Ce titre figurant dans l'album «
End of the century » livré en 1980 apparaît comme le premier tube du groupe.
Vivre de punk et d'eau fraîche The Ramones ne peuvent pas vraiment se targuer d'avoir cassé la baraque aux statistiques des ventes.
Phil Spector les a aidés à accoucher d'un opus qui se vendait juste un peu mieux, mais cela s'est arrêté là.
Pour
couronner le tout, des divergences commencent à apparaître au sein du
groupe, portant sur des choses aussi anodines que le look, aux
préoccupations plus sérieuses du cachet musical. Ces différences de
vues n'inspirent toutefois aucune idée d'en finir et chose étrange, le
collectif n'a de cesse de se produire.
Durant la centaine de
concerts donnés à l'époque où l'atmosphère ne fut pas des plus légères,
le public n'aura jamais droit à aucune fausse note. A croire que tant
que le punk va, le monde va pour
The Ramones.
De l'arrivée de «
Pleasant dreams » dans les bacs en 1981 au tout dernier «
Adios amigos », dont le titre parle pour lui-même,
The Ramones
ont tout fait pour que survive le rythme auquel ils croyaient, sans se
préoccuper des flops marketing ou des réticences des auditeurs.
Leur
apport sur la scène de la musique sera récompensée sur le tard, mais le
sera de manière exceptionnelle. Le Rock and Roll Hall of Fame leur a
consacré une place depuis 2002, leur nom avoisine ceux des légendes du
rock tels
Led Zeppelin et les
Rolling Stones. Dans la famille
Les Ramones,
C.J,
Elvis, Marky et
Richie peuvent également être très fiers.