C'est l'histoire d'un mec drôle et généreux qui marqua durablement
les années 80 en dénonçant à travers ses sketches et ses facéties les
réalités françaises : la "télévision poubelle", le racisme ou encore
la misère.
20 ans après sa disparition brutale, le créateur des Restos du Coeur
demeure l'un des comiques les plus populaires ainsi qu'un observateur
é~Clair~ é de la condition humaine.
Orphelin de père, celui qui n'est pas encore
Coluche (un pseudonyme qui
lui est donné alors qu'il se produit dans un cabaret) passe son enfance
et sa scolarité à Montrouge.
Il s'illustre ensuite dans différentes
professions. Preuve qu'il n'est pas avare, il en déclare quatorze :
fleuriste, garçon de café ou encore animateur de cabarets à Paris, dont
"
La méthode" et "
Le port du Salut".
Il bouge même avec la Poste, où
il est télégraphiste. Ses expériences lui permettent de se confronter à
toutes les classes sociales.Dans cette école de la vie, il puise l'inspiration pour ses sketches.
En 1968, alors que certains choisissent les pavés,
Coluche préfére les
planches. Avec la création du "
Café de la gare" il révolutionne le
monde du spectacle avec à ses côtés de jeunes débutants qui ne tardent
pas à jouer "
Les Valseuses" :
Patrick Dewaere ,
Gérard Depardieu et
Miou Miou .
Sans être "
Le pistonné", il décroche son premier rôle au cinéma dans
ce film de
Claude Berri en 1969. C'est cette même année qu'il crée le "
Vrai Chic parisien" après avoir quitté le "Café de la gare". Avec
Roland Giraud ,
Martin Lamotte et notamment
Coline Serreau , il monte
successivement "
Thérèse est triste" et "
Ginette Lacaze", qui est en
première partie de
Dick Rivers à l'Olympia en 1973.
Un personnage haut en couleurs
Dès lors les One man shows s'enchaînent. Avec "
Mes adieux au music
hall" et sa désormais célèbre salopette blanche rayée bleue et ses
lunettes rondes, il sillonne la France et se produit même en Suisse et
Belgique avant de remplir l'Olympia, le Café de la gare et Bobino en
1975.
Après son rôle dans "
L'aile ou la cuisse" de
Claude Zidi ,
Coluche se lance pour la première fois dans la réalisation, des
comédies toujours, avec "
Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine".
Le film, qui sort en 1977, est un échec commercial en dépit de la
présence de la quasi totalité des membres du Splendid :
Thierry
Lhermitte,
Gérard Jugnot,
Michel Blanc,
Christian Clavier et
Marie-Anne
Chazel. Par ailleurs déçu par le résultat final,
Coluche ne reviendra
plus derrière la caméra.
Sa truculence, qui séduit aussi bien qu'elle choque et qui l'à déjà
conduit de la télévision (en 1971 il anime avec
Danielle Gilbert "
Midi
première" durant cinq jours avant d'être remercié !), lui ouvre la "voix" de la radio.
Il alors débute à
Europe 1. Avec
Robert Willard et
Gérard Lanvin il anime "
On n'est pas là pour se fAIRe engueler" entre avril 1978 et juin 1979.
Plus vite, plus fort
Coluche présente ensuite une émission sur RMC
durant douze jours, pas un de plus. Son humour dévastateur qui ne
connaît aucune concession l'amène tout droit vers la porte de sortie.
En 1980 toujours, alors qu'il joue dans "
Inspecteur la bavure" de
Claude Zidi, il présente sa candidature à l'élection présidentielle de
1981. Son programme : "Je vais foutre la merde". Son slogan : "Emmerder la droite jusqu'à la gauche". A un mois du scrutin,
constatant de son propre aveu que "la moitié des hommes politiques
sont des bons à rien. Les autres sont prêts à tout", il se retire.
Enfoiré
Pour autant, l'artiste poursuit son cinéma dans "
Deux heures moins le
quart avant Jésus Christ" de
Jean Yanne (1982) et la "
Femme de mon
pote" de
Bertrand Blier (1983). Mais c'est
Claude Berri qui lui offre
son plus beau rôle avec "
Tchao Pantin" en 1983. Son personnage de
pompiste blasé mais tellement humain lui vaut le César du meilleur acteur.
Il revient à
Europe 1en 1985. Durant près d'un an, il est aux côtés de
MAryse pour "
Y'en aura pour tout le monde". La rentrée est menée
tambour battant.
Après un mariage fantasque avec
Thierry Le Luron pour "le meilleur et pour le rire",
Coluche, qui constate amer l'inertie du pouvoir face à
la misère, témoigne de la générosité qui le caractérise.
Après avoir
affirmé : "Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les
pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis
que je suis petit c'est comme ça". Il crée Les restos du coeur.
L'association, qui est aujourd'hui devenue institution, vient en aide
aux plus démunis.
Pour autant, il n'en oublie pas ses Passions, la moto notamment. En
1985 toujours, il bat le record du monde du 1000 mètres lancé. Une
Passion qui finit par le perdre.
Alors qu'il connaît un succès
phénoménal avec son émission sur CAnal Plus "
Coluche 1 Faux" il meurt
dans un accident de deux roues le 19 juin 1986.
En octobre 2008,
Antoine de Caunes réalise "
Coluche , l'histoire d'un mec" dans le lequel
François-Xavier Demaison campe l'humoriste.
D'abord considéré comme un simple amuseur public et un trubLion, à
force d'observation de ses contemporains et de tenacité,
Coluche a
dépeint avec humour et intelligence les travers de la société.
Un art
qui lui a donné la légitimité nécessAIRe pour être entendu jusque dans
les hautes sphères de l'état. Votée en 1988, la loi
Coluche offre des
déductions fiscales aux petits donateurs...
Plus de vingt ans après sa
disparition la place occupée par
Coluche demeure vacante.